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Commentaire de Salah Lamrani (Sayed 7asan)

sur Assimilation des Français musulmans : « Merci, très peu pour nous »


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Sayed Hasan Salah Lamrani (Sayed 7asan) 16 janvier 2016 17:30

@napopo
La haine n’est que dans les yeux et la bouche des contempteurs ou adeptes de cette fameuse tolérance « laïque » (je dis « laïque » et non « laïciste » car la laïcité à la française est déjà une excroissance malheureuse du principe très sain de sécularisme).

Jaurès défend le sécularisme, la séparation bien naturelle de l’Eglise et de l’Etat qui n’est pas remise en question ici, mais il est farouchement opposé à la laïcité offensive de Ferry et de sa clique d’opportunistes. Jaurès est partisan de la neutralité religieuse de l’Etat face à une Eglise qui a renié les principes sublimes du Christ et épousé la cause de la réaction, mais il dénonce ardemment la transformation insidieuse du principe de sécularisme, dès l’origine, en une arme de destruction massive de la religion (le catholicisme à l’époque). Voir Henri Guillemin, L’arrière-pensée de Jaurès.

Ce n’est pas le principe de laïcité qui est dénoncé par l’auteur de cet article ou par moi-même, mais la laïcité française qui, depuis Voltaire et les Encyclopédistes, et jusqu’à 1789 puis Ferry (avec la parenthèse Robespierre), se définit comme une entreprise agressive d’éradication de toute pensée, croyance ou morale religieuse. Un prochain article sur Jaurès vu par Henri Guillemin sera l’occasion de le développer. En attendant, quelques citations d’avant-goût :

« Il y a ici un immense malentendu. Le socialisme est à l’état de combat… Dieu a été si souvent depuis des siècles prostitué au service de l’injustice qu’il est naturel que les hommes tentent d’abolir le nom même de Dieu… Il y a donc des raisons de combat qui inclinent les militants socialistes au matérialisme. Ils ne veulent pas que le salarié perde de vue sa misère immédiate et les moyens immédiats de la guérir. Jusqu’ici la religion n’a été pour le peuple qu’une consigne ; il n’a pensé et cru que selon la formule despotique des Églises et le calcul astucieux des puissants, aussi le premier usage que le peuple fait de sa raison, c’est la négation de la religion elle-même, de toute religion. Le matérialisme s’offre à lui à la fois comme la doctrine la plus simple, la plus claire, la plus intelligible à un esprit neuf, et comme la doctrine la plus éloignée des odieuses mystifications par lesquelles on a trompé durant des siècles son esprit de justice… Le christianisme dans la société actuelle n’est qu’une organisation théocratique au service de l’iniquité sociale, et il s’agit avant tout de le renverser. Les hommes n’ont que faire de la charité qui est une forme de l’oppression ; ils exigent la justice. Et ceux qui au nom du Christ leur prêchent la résignation sont leur ennemis les plus hypocrites et par là même les plus détestés... Si, même dans leur soulèvement contre l’iniquité et le mensonge, les socialistes éteignent, un moment, toutes les étoiles du ciel, j’irai avec eux dans le chemin sombre parce que ce chemin mène à la justice et que la justice est l’étincelle divine qui suffira à rallumer tous les soleils. »

Jaurès n’a jamais hurlé avec les loups ni bêlé avec les moutons. Au sujet des lois scélérates qui muselaient les libertés au prétexte des attentats anarchistes, voilà ce qu’il proposait :

« Seront considérés comme ayant provoqué aux actes de propagande anarchiste tous les hommes publics, ministres, sénateurs, députés, qui auront trafiqué de leur mandat, touché des pots-de-vin et participé à des affaires financières véreuses, soit en figurant dans les conseils d’administration de sociétés condamnées en justice, soit en prônant lesdites affaires, par la presse ou par la parole, devant une ou plusieurs personnes. »


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