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Emmanuel Macron, l’ambitieux

En passe de remporter la plus importante majorité parlementaire depuis 1993, qui est celui qui fut investi le 8 mai dernier huitième président de la République Française ? De ses débuts à sa soif de victoire, portrait d'Emmanuel Macron.

« Qu’est-ce-qui fait le plus peur aux hommes ? L’aboiement d’un chien ou l’ombre d’un homme ? ». Nous sommes le 17 mai 1993 à Amiens. Sur scène, un jeune homme de 15 ans, élève de seconde et membre d’un atelier de théâtre, interprète La Comédie du langage de Tardieu. L’histoire aurait pu s’arrêter là si le jeune en question ne s’était pas appelé Emmanuel Macron.

C’est au lycée jésuite La Providence, à Amiens, que ce fils de deux médecins réalise sa scolarité. C’est aussi entre ces mêmes murs qu’il rencontra Brigitte, sa future épouse. Le jeune Emmanuel s’éprend rapidement de cette professeure de théâtre atypique qui refuse dans un premier temps ces avances. Pour l’éloigner, elle lui conseille de continuer à Paris ses études. Le voilà d’ailleurs admis en classe préparatoire à Henri IV avant de réussir le concours de SciencesPo. En parallèle de ces études supérieures de philosophie, Emmanuel Macron commence à faire son chemin et entre en contact avec Paul Ricoeur, qui en fait son assistant littéraire. Tous deux aiment refaire le monde dans les salons et parler littérature, passion que doit Emmanuel à sa grand-mère institutrice, pour qui le jeune homme se sent très proche.

En 2002, cet étudiant ambitieux réussit avec succès le concours d’entrée à l’ENA. De la promotion Léopold Sédar Senghor, il en finit cinquième, lui permettant de choisir la très prestigieuse Inspection générale des finances à sa sortie de l’école. Cette place de marque lui permet en 2007 d’être nommé rapporteur adjoint de la Commission pour la libération française, dite aussi Commission Attali. Il y fait ces premiers pas en politique en proposant des projets de réformes. C’est aussi à l’occasion de ces réunions de travail que Jacques Attali le repère et le conseille à un certain François Hollande, alors candidat à la primaire de la gauche. Ce dernier accepte et en fait son jeune conseiller économique.

Mais Emmanuel Macron est un touche à touche. Désireux de connaître le monde du privé, il se met à la disponibilité de la fonction publique et réussit à décrocher un poste de banquier d’affaires chez Rothschild. C’est lui qui, à trente-cinq ans seulement, dirige le rachat de la filiale de lait infantile de Nestlé par Pfizer. La plus grosse négociation de l’année (neuf milliards d’euros).

Avec l’arrivée de François Hollande à la présidence de la République en 2012, Emmanuel Macron décroche le poste de secrétaire général adjoint de l’Élysée. Cette fonction de choix lui permet de proposer son idée de crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi, mais également le pacte de responsabilité et de solidarité, deux mesures qui seront reprises en grande pompe par le Président en fonction. Mais l’arrivée de Manuel Valls à Matignon va contrarier le jeune Macron. Lui qui rêvait de responsabilités ministérielles à la hauteur de ses ambitions apprend que ces attentes ne pourront être entendues. Tant pis, le jeune homme claque la porte de l’Élysée et retourne dans le privé, là où, selon lui, les vrais changements sont possibles.

« À qui sait attendre, le temps ouvre ses portes. » C’est ainsi qu’il obtiendra finalement gain de cause, le 26 août 2014, en devenant Ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique dans le gouvernement Valls II. C’est depuis ce nouveau poste qu’il présentera trois mois plus tard ce qui deviendra une bombe pour l’opinion publique : le projet de loi pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques, aussi appelé « loi Macron ». Le Ministre rêve déjà de cette mesure qui déverrouillera l’économie française, en modifiant notamment la réglementation concernant le travail le dimanche, les professions réglementées, les transports, l’ouverture du marché des autocars et la vie des entreprises et des salariés. Mais une nouvelle fois, Manuel Valls va contrecarrer ses plans. Par peur de ne pas trouver de majorité sur ce texte, le Premier ministre décide de recourir à l’article 49-3 de la Constitution pour contourner les députés. Macron est furieux. Il sait que la pratique ôte toute légitimité à son projet.

Cette amère expérience l’amène à fonder son propre mouvement politique, En Marche !, le 6 avril 2016 à Amiens. Il le veut transpartisan, ni de droite, ni de gauche. L’histoire officielle voudrait qu’Emmanuel Macron cherche à tourner la page d’une idée archaïque de la politique. Celle, plus officieuse, dirait peut-être que tout ceci n’est qu’un prétexte pour tenter sa chance à la plus haute fonction de l’État.

Dans tous les cas, il démissionne de sa fonction de ministre de l’Économie le 30 août 2016, pour, dit-il, se « consacrer à En Marche« . Pourtant, deux mois plus tard, celui qui ne s’est encore jamais confronté à un scrutin annonce sa candidature à l’élection présidentielle. Tout sourit à cet ambitieux, l’alignement des planètes est parfait : Alain Juppé, Nicolas Sarkozy et Manuel Valls sont écartés aux primaires, la voix de Benoît Hamon est inexistante dans le débat public, François Hollande, trop impopulaire, est obligé de renoncer à se représenter, quant à François Fillon, les affaires gangrènent sa campagne. Ne reste que le ralliement de François Bayrou au candidat d’En Marche pour faire d’Emmanuel Macron la personnalité la plus présidentiable. Cela est d’ailleurs confirmé dans les urnes : le 23 avril 2017, au premier tour de l’élection, il réussit à être en tête des suffrages (24,01 %), se retrouvant face à Marine Le Pen pour le second tour.

Au soir du 7 mai 2017, élu président de la République avec 66,10 % des suffrages exprimés (malgré 25,44% d’abstention, un record pour une élection présidentielle), le voici marchant seul en direction de ces soutiens sur l’esplanade du Louvre. Ce progressiste, social et libérale à la fois a toujours cru en lui, outrepassant ce que pouvait penser les autres. Les autres ? Quelle importance ? Emmanuel Macron est un solitaire, ne faisant confiance qu’à lui-même. Peut-être son plus gros point faible ?


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5 réactions à cet article    


  • zygzornifle zygzornifle 16 juin 08:46

    Quand on se prend pour le nombril du monde on s’est bien souvent trompé de trou ......


    • zygzornifle zygzornifle 16 juin 08:48

      Le grosse nouille ... pardon la grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le bœuf ....


      • confiture 16 juin 11:19

        Avec son omniprésence dans les kioskes sur toutes sortes de couvertures, vous le trouvez vraiment solitaire ?


        • Gilbert Spagnolo dit P@py Gilbert Spagnolo dit P@py 16 juin 11:43

          Juste une question de patience, le résultat de son action de Président se calculera à la fin de son mandat !


          Pas sur que se dernier soit nettement positif !


          @+ P@py 


          • amiaplacidus amiaplacidus 16 juin 15:55

            Macron : de l’ambition mais pas de solution.

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